Recrutement des participant·e·s
Le recrutement des participant·e·s se fera par le biais des enseignant·e·s, qui partageront aux représentants légaux des enfants une fiche d'information, un formulaire de consentement, et un formulaire collectant des métadonnées. Ainsi, les participant·e·s et leurs représentants légaux ne seront pas directement confrontés à la chercheuse avant de donner leur consentement, ce qui leur permet de s'inscrire sur base volontaire et d'avoir un temps de réflexion. La chercheuse se déplacera ensuite dans les classes pour faire passer l'expérience aux enfants dont les représentants légaux ont consenti. La chercheuse présentera le projet à l'enfant, lui demandera s'il accepte de participer, et proposera à l'enfant de "signer" à l'aide d'un dessin, afin de donner un sentiment de responsabilité et d'autonomie à l'enfant (Danby & Farrell, 2005). Tout refus de la part d'un enfant sera définitif. Si un enfant accepte de participer mais se montre peu coopératif ou montre tout comportement montrant qu'il ne souhaite pas participer malgré son accord oral, l'expérience sera immédiatement arrêtée.
Le recrutement comporte certains critères d'exclusion. Les enfants ne doivent à priori pas avoir de troubles du langage ou être atteints de surdité. Les enfants utilisant un implant cochléaire ou des appareils auditifs ne seront pas retenus. Ces critères d'exclusion sont mis en place pour limiter la variabilité car les troubles du langage ou la surdité (même avec des appareils ou un implant) influencent la perception et donc la production des sons. Enfin, pour être inclus dans l'étude, les enfants devront parler et comprendre le français. De plus, les enfants et leurs représentants légaux doivent être ouverts à l'approche longitudinale de l'étude, c'est-à-dire être d'accord d'être contactés d'ici environ deux ans pour reconduire l'étude. Les participant·e·s doivent habiter en Suisse.
Expériences
L'étude prend la forme de trois jeux. La chercheuse se trouvera face à l'enfant, avec un ordinateur. Chaque jeu comportera entre 12 et 16 éléments, afin de rendre les tests aussi rapides que possible et de garder l'attention des enfants. Le logiciel utilisé pour recueillir les données sera PsychoPy, manipulé par la chercheuse, qui pressera la touche correspondante à la réponse de l'enfant. Les trois "jeux" (expériences), adaptés de Thomas & Sénéchal (2004), sont les suivants:
1. Dans la première partie, l'enfant voit trois images à l'écran (par exemple une personne avec des cheveux blonds, une autre avec des cheveux blancs, et un téléphone). L'enfant va entendre un des mots, tel que "Blond" et la chercheuse va demander à l'enfant d'indiquer quelle image correspond au mot entendu. Pour commencer, la chercheuse explique le jeu à l'enfant et l'entraîne sur des images faciles sans phonèmes proches (un ordinateur, un arbre, un vélo). Cette expérience est un test de reconnaissance de phonèmes, qui montre si l'enfant reconnaît les mots montrés ou s'il mélange les deux sons (dans cet exemple, s'il mélange "blond" et "blanc").
2. La deuxième partie est un test de discrimination de phonèmes, qui se fait sur des mots inventés. L'enfant verra cette fois-ci deux dessins de chiens ou d'un autre animal. La chercheuse indiquera à l'enfant qu'un des chiens s'appelle par exemple Pompom, alors que l'autre s'appelle Panpan. La chercheuse demande ensuite à l'enfant si les deux animaux ont le même prénom. Ainsi, le test montre si la discrimination de phonème est possible, même sans contexte lexical.
3. Enfin, la dernière partie est un test de jugement de phonèmes. La chercheuse expliquera à l'enfant qu'une poupée apprend le français et qu'il faut aider la poupée à bien prononcer. L'enfant verra alors une image, par exemple un banc, et la poupée prononcera soit "banc" soit "bon". La chercheuse demandera à l'enfant si la poupée a bien prononcé le nom de l'objet.
Instruments de recueil de données
La chercheuse enregistre les réponses des enfants via le logiciel PsychoPy. Les expériences sont enregistrées via un micro Beyerdynamic MM1, placé devant l'enfant. Le micro n'est pas intrusif. Le micro permet ensuite à la chercheuse d'analyser acoustiquement la prononciation des voyelles nasales de l'enfant. Un enfant ayant des difficultés en perception devrait également en avoir en production, la production et la perception étant liées (Pardo & Remez, 2021).